La Commune | Historique | Monuments
Monuments
Le Château de Valangin
Le château est sans conteste l'attrait majeur de la région. Il est le siège d'un musée régional géré par la Société d'Histoire et d'Archéologie du Canton de Neuchâtel (SHAN). Il se visite du 1er mars au 15 décembre.
 
L'église collégiale (un collège de 6 chanoines se tenait à Valangin) a été dédicacée à St-Pierre le 1er juin 1505 par l'évèque de Lausanne. Pour tenir compte d'un voeu du seigneur Claude d'Aarberg, elle est construite sur l'eau. En effet, une petite rivière, la Sorge, passe sous l'église.
 
La tour du Bourg est typique d'un bourg fermé médiéval. Elle a été restaurée en 1923. A l'origine, elle était équipée de portes permettant de fermer le bourg à la tombée de la nuit.
 
Le bourg lui-même est typique d'une construction médiévale, avec sa place centrale. Les maisons entourant l'église étaient à l'origine les logements des chanoines du Collège de Valangin.
Les cloches de la Collégiale de Valangin

 

     Les cloches passent de toit en toit

Entre la collégiale, le château, la tour du bourg et le collège, les carillons séculaires volent d’un édifice à l’autre

 

Valangin possède des cloches séculaires et itinérantes, entre sa collégiale, son château, la tour du bourg et son collège ! Ainsi, après la mort de son mari Claude d’Aarberg en 1517, Guillemette de Vergy avait payé la confection de deux cloches datées de 1523 et valant chacune 220 florins, la monnaie forte de l’époque. Celles-ci ont été déposées dans le clocher et agrémentées d’une troisième cloche datant de 1464, à l’origine encore inconnue de nos jours. Le carillon ainsi formé a été maintenu jusqu’en 1618.

 

La plus petite des trois cloches de la collégiale a été enlevée du clocher en 1853 et échangée contre celle de la tour du bourg, datant de 1710. Celle-ci a ensuite été déposée au château en 1912, parce qu’elle était fendue. Le clocher de la collégiale a alors accueilli une nouvelle grande cloche qui s’y trouve encore aujourd’hui. La deuxième cloche de la collégiale porte les armes de Vergy et de Valangin avec une inscription en latin. La troisième, la plus ancienne, porte aussi des notations diverses et a été baptisée « Madeleine ». Sur sa base figurent en particulier la devise « vincit, regnat, imperat » , ainsi que des représentations des anges et de la Vierge.

 

La toute petite cloche, autrefois à la collégiale, se trouve actuellement sur le toit de l’école du village. Elle est ornée des armes de Valangin, de Bauffremont et de Vergy, avec l’inscription latine « Sainte Marie, mère de Dieu, souviens-toi de moi, saint Pierre et saint Paul, intercédez pour nous ».

 

Le toit de la collégiale était aussi à l’origine couvert de bardeaux. Son mauvais état a toutefois provoqué son remplacement en 1745, avec la pose de tuiles et d’un beau coq surmontant une flèche, la vieille croix d’origine, en fer, étant devenue inutilisable.

 

Article de André Monnier paru dans l’Express du 7 juillet 2004

Le Bourg

D'environ 70 sur 50 m, le Bourg abrite des maisons construites du XVIe au XIXe siècles. La plus remarquable, au sud-ouest, surmontée d'une grande lucarne, a des groupes de fenêtres divisées par des meneaux. Au nord, la Tour du Bourg, surmontant la porte d'entrée, est étroitement encadrée par les maisons voisines : l'ancienne Recette, ou maison des Pontins, dotée d'une cour, à gauche, et la maison des Bourgeois, très remaniée, à droite. Au-delà de la porte, ce qui fut l'Hôtel de la Couronne, bâti pour la commune en 1767, fait face à la maison Touchon (aussi appelée La Tourelle). Daté 1588 sur la porte de la tourelle d'escalier, ce bâtiment est remarquable par ses proportions et par les frontons des fenêtres ornés de coquilles stylisées.

Les fontaines
 

Fontaine du Château
Située au pied du Château, à gauche de la grille d'entrée, cette fontaine date de 1771. Elle est formée de 2 bassins monolithiques en pierre calcaire blanche (roc.)

La date et les initiales des maîtres bourgeois animent sa face nord. Trois goulots tenus par des fers forgés alimentent les bassins. La pile ornée de panneaux Louis XV, est surmontée d'un entablement, d'un obélisque et d'une sphère. L'ensemble est complété par une pierre à lessive, échancrée en demi-cercle à sa partie supérieure; c'est un élément à relever, car il est rare qu'il soit conservé.

Le dallage en "laves" renforce la qualité de l'ensemble, qui, proche de l'entrée du Château, se détache de façon remarquable sur l'enceinte du XVIe siècle.

 

Fontaine derrière la  Collégiale
Cette fontaine est composée d'un bassin de petites dimensions, circulaire, en granit, dont la margelle est arrondie. Il repose sur une base constituée d'une dalle de roc d'un seul tenant, creusée d'une gorge permettant l'évacuation de l'eau vers une grille. L'ensemble est entouré d'un pavage ancien qui lui confère un surcroît de valeur.

Un goulot tenu par des fers forgés alimente le bassin. La pile se présente comme une colonne au piédestal quadrangulaire, au fût cylindrique, surmonté d'un entablement cubique dont les faces sont creusées d'arcs déprimés, le tout est sommé d'un globe.

 

Fontaine d'Orléans-Longueville
Cette fontaine est située dans le contour de la route, direction Boudevilliers. Elle est composée d'un bassin rectangulaire en pierre calcaire blanche cerclé de fer, daté 1776 sur ses panneaux Louis XV. Il repose sur un empierrement constitué de dalles de roc.

Un second bassin rectangulaire, plus récent, le prolonge au sud. Deux goulots tenus par des fers alimentent le bassin ancien. Au-dessus d'un socle quadrangulaire aux faces creusées de panneaux Louis XV en pierre calcaire blance de 1845, une colonne cannelée en pierre jaune, garnie de congés, ayant une base et un chapiteau de feuilles d'acanthe, surmontée de volutes et autant de têtes, amortie par une sphère sert de pile. "Un écu aux armes d'Orléans-Longueville et de Neuchâtel permet de dater cette colonne des années qui suivirent la réunion de la seigneurie au comté en 1592."(MAH 1968:145)

 

Fontaine de l'ancienne lessiverie
Situé à la sortie du village direction Dombresson, l'ensemble est constitué d'un grand bassin monolithique en granit, précédé d'un second, plus petit en roc dont les angles sont biseautés et d'une pierre à lessive.

Une pile quadrangulaire simple est surmontée d'un entablement pyramidal. L'ensemble rappelle que le bâtiment au nord était la lessiverie communale.

 

Fontaine du cimetière
Elle est formée d'un bassin monolithique en roc, dont deux angles sont abattus. Une chèvre quadrangulaire simple, également en roc, est surmontée d'un entablement pyramidal marqué par un quart-de-rond.

 

(Les descriptifs des fontaines sont de Nadja Maillard et effectués en 1991 dans le cadre du recensement architectural de la commune).

 

La maison de Watteville
La maison Touchon
La Tour du Bourg
La Collégiale


Histoire -
A l'origine, Valangin se trouvait dans la paroisse d'Engollon, et ne disposait d'une chapelle sans doute privée qu'au château. Ce sont Claude d'Arberg et Guillemette de Vergy qui ont fait bâtir l'église à l'extrême fin du XVe siècle, pour y installer un collège de six chanoines, dirigés par un prévôt. L'évêque de Lausanne vint procéder à la dédicace de l'édifice le 1er juin 1505, l'autel principal étant dédié à saint Pierre. Après la mort de son mari, en 1517, Guillemette de Vergy offrit deux cloches datées 1523, fit recouvrir le clocher de bardeaux et l'église de tuiles; elle passa commande d'un jubé, de galeries, de meubles et d'ornements divers.

Au moment de la Réforme, le 4 juin 1531, une troupe de bourgeois de Neuchâtel vint rompre les autels, le décor, les objets de culte, des meubles et des vitraux, et s'en prit même à la sépulture de Claude d'Arberg. Il ne semble pas qu'un arbitrage de la ville de Berne et les indulgences accordées par l'archevêque de Besançon aient permis une complète remise en état, car la paroisse passa à la Réforme en 1536. L'édifice ne fut cependant concédé aux paroissiens réformés qu'en 1563, soit une quinzaine d'années après que René de Challant ait fait établir les greniers de la recette de Valangin, dans la partie supérieure de la nef. En 1682 et 1683, des particuliers obtinrent d'appuyer leurs boutiques dans les angles rentrants, au nord du temple. Des appentis suivirent au XVIIIe siècle.

En 1745 le toit de la tour, menacé de ruine, fut remplacé par un nouveau ayant une pente plus forte, et couvert de tuiles. On ne put pas réutiliser la vieille croix travaillée dans un fer trop cassant. Dans le choeur, le tabernacle aménagé en armoire pour les archives reçut une porte de fer de Jean-Jacques Lorimier, en 1764. Une haute cloison de bois fut dressée en 1779 entre le transept et la nef, toujours occupée par le grenier seigneurial.

Premier signe de temps nouveaux, dans le pays, la collégiale fut complètement restaurée de 1839 à 1841, sous la direction de l'architecte James Colin, grâce à un don du souverain. Il avait fallu de longues tractations entre le Conseil d'Etat et la petite commune peu fortunée. Très endommagée, la nef fut démolie et reconstruite deux fois plus courte; les pierres  tombales furent redressées contre les murs, la chaire déplacée et le tombeau des seigneurs de Valangin restauré. De nouveaux travaux, en 1908 et 1909, ont permis de décaper la pierre de taille, de construire une sacristie et ensuite de placer des vitraux armoriés dans les fenêtres.

Description - Le temple a été construit immédiatement au nord de la porte du bourg, de sorte qu'un ruisseau passant à l'emplacement de la nef a dû être canalisé sous celle-ci. Cette circonstance est peut-être à l'origine de la tradition voulant que Claude d'Arberg, en péril sur la mer, ait fait le voeu de bâtir une église "sur l'eau". Des maisons, à l'origine destinées aux chanoines, ont été bâties utour. La plupart ont été transformées au XVIIIe siècle, mais l'ancienne cure, datée 1584, a conservé son ancienne apparence. Un puissant clocher, couvert d'une flèche octogonale, et percé de quatre fenêtres géminées s'alignant sur un cordon, paraît jaillir de la rencontre des toits aigus, à la croisée du transept. L'édifice semble d'autant plus ramassé, que la restauration de 1840 lui a donné un inhabituel plan en forme de croix grecque, par la suppression de la moitié occidentale de la nef. Plus élevé que les autres parties de l'édifice, le choeur frappe par ses proportions harmonieuses, ses contreforts d'angle et les grandes fenêtres garnies de plusieurs meneaux et d'une rosace. Une tourelle d'escalier circulaire s'insère entre la nef et le bras nord du transept. Sur la porte en plein cintre, à l'ouest, on a rétabli une rose munie d'un réseau de pierre en forme d'étoile à six branches.